Restauration d'un Renault Colorale (Prairie) 4x4
Le châssis :
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1-Modification du châssis 14 cv pour recevoir un moteur Renault Étendard type 671 . |
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Le moteur 14 cv (appelé 85 latéral) possède des fixations différentes du 11 ou 12 cv culbuté. Le donneur de pièce est un Galion équipé d'un 671.1 (12 cv pour 77 cv SAE ). Les supports du 671 sont découpés du châssis pour être placés sur le Colorale. |
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La modification est assez délicate, ne serait-ce que pour extraire les anciens supports inclinés, sans abîmer les points de fixation à proximité. La mise en place demande des notions de géométrie afin de respecter les équerrages du châssis et de garantir un parfait alignement des silent-blocs avec leur logement. Bien que je me sois référé au MR53, certaines côtes ne correspondent pas au montage (notamment la distance entre support BV et moteur. Erreur ou version différente ?) ... Par mesure de sécurité, je réalise un gabarit en accouplant le mot 671 avec la BV 269.5. D'autres gabarits d'écartement (448 mm) sont mis en place et maintiendront les supports lors du soudage. La mise en place de ces pièces sur un modèle 14 cv demande beaucoup d'attention et de vigilance pour s'assurer qu'aucun organe (ex: boîtier de direction, support d'amortisseur, etc.) ne soit gêné. De même il est important de soigner la robustesse des soudures (intérieur et extérieur si possible) à cause de l'utilisation en tout terrain. |
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Le démontage met en évidence une réparation de fortune sur la fixation de la jumelle AV gauche (certainement une réparation faite sur place). Le support doit être extrait pour nettoyer son emplacement et refaire un alignement correct.
Une fois la géométrie refaite, la pièce est soudée au semi-automatique. L'intérieur du longeron montre le morceau de métal arraché. Étant donné le manque de place pour y glisser une meuleuse, je décide de faire des cordons épais au semi-auto, sacrifiant l'esthétique à la robustesse. |
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Le décapage du châssis reprend son cours. L'utilisation de disques à lamelles n'est pas du luxe au regard des prestations faîtes lors de la fabrication. Les soudures sont tellement minables par endroit qu'on a peine à croire qu'un fabricant ait pu laisser de telles horreurs ! Un léger polissage avec la meuleuse redonne de l'allure au châssis et efface les nombreux postillons de métal autour des assemblages. Lorsque certaines semblent manquer de robustesse, un cordon est refait. |
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L'étape de décapage permet de regarder de très prêt l'état du châssis et de remédier à tous les défauts rencontrés. Plusieurs soudures (supports de suspension et d'amortisseur) seront renforcées, et des goujons cassés seront extraits. Concernant l'utilisation d'un extracteur de boulon : il est important de s'interdire de l'utiliser (même de très bonne marque) dans le cas où sa rupture rendrait inutilisable la pièce abîmée (impossibilité de repercer avec l'outil cassé à l'intérieur). Dans le cas de la photo, si l'extracteur se brisait dans le filetage brisé, il serait tout à fait possible de tronçonner le support et de le refabriquer (c'est d'ailleurs ce que j'ai dû faire après la photo, car l'outil a bel et bien cassé !) |
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Le châssis décapé reçoit un apprêt phosphatant, puis deux couches de laque bi-composants. |
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Anecdote : Avant que le véhicule ne soit complètement démonté; le réservoir d'essence ne présentait aucun défaut. Les habitudes du métier font que le décapage jusqu'au métal est systèmatique réalisé. Six trous apparaissent, dans les zones supérieures (surprenant), ainsi que l'insert du bouchon de vidange, déssoudé. Des emplâtres rustiques avaient été réalisés et les couches de peinture devaient colmater le bouchon de vidange. Encore une fois, en allant jusqu'au bout de chaque tâche, on met à jour d'innombrables défauts, qui auraient pu devenir des futures pannes. |
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2-Les lames de suspension :Un des défauts du Colorale 4x4 réside dans la conception des lames de suspension. Cette génération utilise des lames d'épaisseur trop faible (5 mm), dont une seule maîtresse. Avec le temps et les chargements excessifs, elles ont perdu de leur élasticité. Le débattement ne dépassant plus que quelques centimètres, il est indispensable de les remplacer. Le choix s'oriente vers une refabrication pour l'avant et vers un remplacement avec des modèles neufs destinés aux ambulances R2087. A l'arrière :A l'origine, l'ensemble est constitué d'un double paquet de lames. Le premier assurant le confort à vide, le second la rigidité en cas de forte charge. Il est probable que devant différents problèmes de suspension rencontrés par la Régie, les ingénieurs aient opté pour le système variable Grégoire. Ce système remplaçait alors le second paquet de lames. En même temps, des tirants de pont (Av et Ar) se rajoutaient, certainement pour maintenir la perpendicularité des ponts par rapport au châssis (sur le plan horizontal). Ce problème de déformation provenait très certainement de la faiblesse des lames maitresses (une seule et de 5 mm). Pour essayer de pallier à ces défaut, Techni-Tacot décide d'utiliser des suspensions pour ambulance R2087. L'ensemble est constitué d'un premier paquet de 6 mm et d'un second en 7 mm. Deux lames maitresses en 6 mm : le système est très robuste. Devant l'extrème rigidité, 3 lames sont enlevées (deux en 6 mm et une en 7). Si l'ensemble se monte à la place de l'ancien, la difficulté principale est la taille légèrement supérieure de l'oeil de fixation en extrémité, empéchant de glisser l'axe en totalité dans sa fixation. La parade est de soulever généreusement l'arrière du châssis, puis d'insérer l'oeil dans sa fixation (paquet de lames presque vertical). Cela permet de tricher avec le diamètre qui s'amenuise. Ensuite, une fois l'axe complètement enfoncé, on peut utiliser le bras de levier du paquet pour contraindre l'oeil dans son logement (environ un millimètre en trop). La jumelle doit être mise en place sur la fixation Ar du châssis. Il va falloir fortement comprimer les lames, pour les aplatir et récupérer la distance permettant l'accroche avec elle. Une cale de bois est disposé en aval de la fixation pour faire glisser l'oeil à hauteur des trous de passage. Des sangles compriment les lames. Il est indispensable de travailler en sécurité absolue face à l'importante vigueur des lames. Tout système empirique est à banir. Si la cale est de la bonne épaisseur et que vous avez pris soin de bien vérifier, avant chaque opération, le coulissement des axes dans les alésages, l'opération se réalise en quelques minutes et sans aucune difficulté (surtout si vous êtes deux). Malgré la suppression de 3 lames par suspensions, à la trop grande rigidité de ces suspensions, se rajoute une courbure bien plus importante des lames. Ce qui a pour effet de raccourcir la distance entre chaque œil de fixation et d'incliner la jumelle vers l'avant du véhicule. L'essai de souplesse montre qu'il est impossible de faire jouer les suspensions, ne serait-ce de quelques millimètres. Même en état de marche, le véhicule sera bien trop inconfortable. Je décide de conserver les lames R2087 mais en remplaçant les 2 maîtresses par les 2 premières lames d'origine. Cette version intermédiaire offre alors un véhicule plus haut qu'avec les vieilles lames, mais bien plus souple qu'avec des suspensions 100% R2087. Le remontage du pont ne pose guère de difiiculté. Il faudra être vigilant avec la position des chapeaux inférieurs (ceux qui reçoivent le fond de chaque U) car ils ont chacun leur côté (asymétrie) du fait de la non perpendicularité des lames avec le pont (vu de dessus). (Penser à compenser les lames enlevées et la longueurs des pions de centrage. Les étoquiaux (centreurs) sont à inverser par rapport au R2087 : centrage en bas et écrou en haut pour le Colorale), tenir compte aussi de la longueur des U et de leur partie filetée). A l'avant : Un jeu de lames complet est refabriqué. C'est à ce prix (environ 280 € /paquet) que Techni-Tacot peut garantir une hauteur sous butée correcte ainsi qu'une efficacité et une robustesse dignent de ce nom. |
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Barre de torsion :Les silent-bloc sont à changer avant de reposer la caisse. La barre est percée d'un trou qui permet d'introduire un chasse-goupille. En frappant sur le cerclage du silent-bloc (au travers du trou), cela a pour effet de réduire le diamètre et de l'aider à sortir. | ![]() |
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Amortisseurs : Des modèles RANCHO télescopiques sont retenus. Ils sont plus robustes que ceux d'origine. Les axes de fixation passent de 14 à 16 mm, en diamètre. A l'avant, chaque amortisseur doit avoir une course 345 mm maxi (comprimé) et 490 mini (étendu). Pour l'arrière : 340 / 580 mm. L'amortisseur Av G passe au ras du levier de direction. Un modèle dont le corps fait 55 mm maxi. peut être monté. Il faut absolument vérifier que le bras de direction ne vienne user le corps de l'amortisseur. Rappel : Les valeurs mini et maxi doivent être vérifiées avant de les utiliser sur un autre modèle. |