Restauration d'un Renault Colorale (Prairie) 4x4

Le remontage :

Sortie de l'atelier avec le châssis (on en profite pour remettre de l'ordre dans les roues - sens du profil des structures)

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Des cales neuves (feuille de caoutchouc) sont disposées sur les points d'ancrage du châssis. L'habitacle peut être remis en place.

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Jean Philippe et Thierry (Techni-Tacot) préparent le premier démarrage.

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Ailes intérieures :

Des bandes de mousse adhésive sont disposées au niveau des fixations. Ceci garantit une étanchéité contre les projections liquides des roues. Avant mise en place, chaque écrou est repassé au taraud (suppression des voiles de peinture); puis graissé. De cette manière, chaque boulon peut être vissé à la main. Il devient facile d'ajuster les tôles, sans abîmer la peinture.

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Sièges Av :

Des essais d'assise sont réalisés avec les propriétaires du véhicule. Madame aura droit à un siège équipé d'un réglage électrique en hauteur.

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Derniers remontages avant le passage en carrosserie.

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Premiers essais :

Pour le plaisir, deux courtes vidéos du premier essai sur chemin.

La prise en main est facile. La direction est souple (attention au retour de volant au pasage des creux et bosses). Le moteur est agréable et peu bruyant. Les vitesses passent correctement (réglages de positionnement à peaufiner). Le crabotage en 4x4 est très doux. Le véhicule bénéficie d'une suspension efficace, même si un peu raide à vide (intérieur nu, ni vitrage, ni bagage). Aucun bruit de jeux diverses. L'essai est prometteur.

VIDEO 1 VIDEO 2

 

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De retour de l'atelier de carrosserie, des injections de cire anti-corrossion sont faites dans les corps creux.

Une carrosserie soignée jusque dans les recoins.

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Les ailes sont remises en place.

Les joncs d'ailes finissent esthétiquement les liaisons entre les éléments.

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La calandre reçoit une grille métallique pour protéger le radiateur des projections de cailloux.

Le rendu visuel est amélioré par le choix d'une maille en métal déployé.

(la baguette centrale verticale est inversée sur les photos ci-contre).

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Essai sur route :

La prise en main est facile même si le gabarit reste imposant, ne serait-ce que par sa hauteur. L'insonorisation réalisée avec des moyens très simples, transforme le véhicule en berline confortable de la même époque. La vitesse maximale avec des pneus 7.50 de l'ordre de 100 km/h. Sa vitesse de croisière est de 90 km/h (mesure GPS) pour 3000 tr/min. A cette allure le Colorale se conduit aisément, sans devoir s'agripper au volant. Le niveau sonore bas (malgré des pneus neufs à crampons) permet sans aucune difficulté de discuter comme dans une voiure normale. Pas de bruits parasites constatés. Les montages mécaniques ont été réalisés par la Régie, dans un soucis de robustesse et fiabilité. Les travaux de restauration réalisés ont permis de retrouver l'esprit des ingénieurs Renault de l'époque. Afin de supprimer des bourdonnements mécaniques, il a fallut remplacer les croisillons d'un arbre de transmission. Des marques hélicoïdales sur un des tubes, attestaient du frottement de ceux-ci sur des rochers, lors de franchissements hasardeux. La visibilité est très bonne. L'éclairage, la nuit est satisfaisant grâce au 12V. Freinage régulier, mais de performance moyenne (manque de "mordant" et course de pédale assez longue). La direction sans aucun jeu, donne une légère impression de flottement. Ceci est dû à la hauteur du Colorale et la démultiplication du boitier. Après quelques essais, le conducteur corrige de lui-même. La suspension est robuste, donc ferme.

Le passage des vitesses est un peu à la traîne. On peut reprocher à la boîte type 269 son manque de souplesse et l'absence de syncho sur le second rapport. Petit défaut qui semble atténué avec la version 11cv et la type 280. L'embrayage reste assez dur mais est parfaitement progressif et ne "broute" pas.

Attention à la marche en descendant, un Colorale 4x4, c'est haut !

En conclusion, ce véhicule devrait apporter beaucoup de satisfaction, aussi bien en 4x4 qu'en déplacement sur route.

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Essais sur piste :

Utilisation en usage intensif lors d'un raid au Maroc.

3000 km effectués en 15 jours comportant essentiellement de la piste cendrée, sabloneuse, avec des pierres coupantes, des dunes, des franchissements d'oued et passage à gué.

Le véhicule a été incontestablement conçu pour rouler dans ces situations difficiles. Aussi bien à l'aise sur la pierre que sur les sables mous, le Colorale a des capacités de franchissement remarquables. Même en tractant un autre véhicule, il remplit sa mission, alors que pourvu d'une puissance modeste. En position 4 roues motrices, la boîte de transfert démultiplie les 4 rapports par 1.4. Au commande d'une véritable boîte courte, les très fortes montées sont avalées sans difficulté. Le crabotage peut se faire en roulant à très faible allure (en débrayant), pour peu qu'on pousse doucement sur le levier pour aider l'engrènement des pignons.

En dehors du bitume, il est important d'apprendre à choisir la bonne pression des pneumatiques. Celle-ci varie en fonction du type et de la marque. Par exemple, avec des pneus à flancs robustes (comme ceux des photos), la pression idéale sur route est de 2 kg/cm2. Sur piste cendrée ou de pierres, descendre vers 1.5 kg/cm2. Pour les sables mous régler entre 1 et 1.2 kg. La notion de confort des passagers est fortement liée à la pression de gonfflage.

Bien que ces moteurs, jusqu'au Goélette, Galion etc., ont souvent eu la réputation de chauffer, il en a été tout autre dans le cas de ce véhicule. La température de culasse n'a jamais atteint 95 °.

La vitesse confortable sur route a été confirmée à 90 km/h chrono. On peut reprocher un manque de puissance en montée, où sa vitesse peut retomber jusqu'à 45/50 km/h. Dans le sable mou, il est nécessaire de se lancer avec un régime moteur élevé. Les freins ont une efficacité moyenne mais restent équilibrés (entre gauche et droite). Attention aux passages à gué, les garnitures mouillées mettent longtemps à sécher. Dans la version du modèle jaune présenté, les différents garnissages intérieurs ont permis d'obtenir un abaissement du niveau sonore comparable à celui d'une berline genre Simca Versailles, ou Renault Frégate, et ce malgré la monte de pneus à crampons.

Le seul problème mécanique rencontré a été celui de vapor-lock généré par le tube d'essence passant sur le côté droit du véhicule, trop près de l'échappement. La génération de Colorale suivante (modèle 11cv) voit cette canalisation déplacée sur la gauche du châssis.

Conclusion :

Le Renault Colorale est un véhicule très fiable, robuste, plaisant à conduire (replacé dans le contexte de son époque de conception), attachant et remarqué avec ses lignes arrondies.

Pour palier à la faoible puissance du moteur, une nouvelle motorisation (préparation sur base d'origine) sera montée. Voir les travaux.

Le coût de la restauration ? Disons que "le prix s'oublie et la qualité reste ..." ;-)

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