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Le V8 Aquilon
A l'achat
je ne pensais pas ouvrir le moteur (c'était beau de rêver !). Mais étant donnée son
immobilisation
pendant 20 ans, les mécaniciens
avisés m'ont conseillé fortement de déculasser et de démonter un piston pour m'informer
de l'état général de la mécanique.
Malgré un manque évident
de compression, le V8 avait fini par démarrer : aucun bruit suspect
durant ces quelques instants de fonctionnement. Il ne fallait pas pour autant penser que la mécanique
était saine. La mélodie d'un 8 cylindres cache très facilement
des déséquilibres importants alors qu'un 4 cylindres sera plus
"parlant".
L'arrêt prolongé
a laissé l'huile déposer les particules de calamine et
de métal dans tous les conduits, orifices, gorges des segments.
A la remise en route même avec une mécanique en bon état, toutes
ces impuretés vont rapidement avoir une action abrasive. L'utilisation des huiles actuelles aux propriétés
détergentes va amplifier le phénomène de décollement des impuretés
et accélérer le vieillissement
du moteur.
Aussi
il est
risqué de compter sur la fiabilité d'une mécanique sans
avoir pris soin d'effectuer une révision interne. Nettoyage
des gorges des segments, des soupapes, des conduits de refroidissement,
des canaux de graissage, de l'ensemble pompe à huile+crépine,
du carter d'huile, des guides de soupapes etc ...
C'est
pour cette raison que les mécaniciens sérieux conseillent d'utiliser
pour les moteurs anciens non révisés (sauf Diesel) une huile minérale pure
(donc non détergente) comme
par exemple la Yacco 30.
Si
la mécanique ne présente aucune usure importante, l'intervention
de démontage / nettoyage aura, pour le prix d'une pochette de
joints moteur, permis de préserver la santé du moteur. Vous pourrez ainsi
rouler tranquillement avec une mécanique
fiable. Vous pourrez alors utiliser une huile détergente puisque
vous avez nettoyé votre moteur et que l'huile utilisée va contribuer
à le maintenir dans cet état.
Au
contraire, si l'ensemble est en fin de vie, le démontage évitera
de partir le cœur vaillant et de revenir sur un plateau-remorque.
Sur
ces sages conseils, j'ai entrepris de vérifier l'état général du
V8
.
Premiers
clichés après dépose des culasses : les photos parlent
d'elles-mêmes !
L'état interne est désastreux. Sept pistons ont des
segments cassés et des traces importantes de chauffe. Un des cylindres
est rempli d'eau, un autre a été rayé par des morceaux de segment.
L'usure des cylindres est perçue en passant le doigt sur le
talon laissé par le segment supérieur. Des soupapes très calaminées
et différents conduits de refroidissement obstrués par le tartre, ne sont pas plus réjouissants.
Un épais matelas visqueux au fond du carter d'huile laisse
envisager le travail abrasif que feraient toutes ces particules
lors d'une remise en route sans nettoyage. Une importante fuite
d'huile en sortie de vilebrequin côté embrayage nécessite la
dépose de l'embiellage et la réfection de l'étanchéité des paliers
avec de la tresse.
Pour
le néophyte, cela prouve qu'un moteur peut démarrer, tourner
"rond", faire un bruit sain et être totalement usé à l'intérieur.
(Nous avions constaté en actionnant le démarreur que le moteur
manquait d'aspiration en plaquant la main sur le carburateur
pour le forcer à aspirer plus d'essence. De même il avait fallu
au moins 20 minutes pour le faire démarrer. Le fait d'actionner
le démarreur avait fini par dégommer un peu les segments et
redonner la compression suffisante pour permettre les explosions.
Il aurait fallu essayer le véhicule sur la route. Ainsi le manque
de puissance aurait été constaté immédiatement et le moteur
se serait très rapidement dégradé jusqu'à la rupture d'un élément
majeur.
L'étape
suivante sera l'estimation du coût de remise en état du V8
eafin de s'assurer s'il sera possible de réaléser
ce bloc
(en rapport de son usure).
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