Citroën Traction 11BL - 1939

Techni-Tacot reçoit un véhicule sur lequel d'importants travaux de restauration ont déjà été effectués. Désireux de profiter au plus tôt de sa voiture, le client a choisi de confier la finalisation des travaux à l'entreprise, pour une réalisation rapide des réglages finaux spécifiques à ce modèle et des points importants, comme le freinage, la mise en route du moteur, le passage en 12V, la vérification des trains, etc.

Travaux à réaliser
  • Motorisation : Mis en route et essais de la motorisation déjà reconditionnée, préparation du rodage,
  • Boîte de vitesses : déblocage des commandes, réglage du "H" au tableau de bord et du vérouillage des fourchettes,
  • Trains : vérification générale, mise en place des sécurités, réglage des hauteurs de caisse, géométrie,
  • Electricité : raccordement du faisceau, mise en place coupe-batterie, passage en 12V, installation d'un alternateur, pose des feux, ajout de voyant de charge,
  • Freinage : passage au liquide silicone, reprise des liaisons hydrauliques, réglage.
  • Refroidissement : pose d'un thermomètre de contrôle.
  • Et divers travaux permettant d'amener le véhicule jusqu'au CT.
  • La sellerie sera réalisée plus tard.

Travaux réalisés sur 2 semaines

Temps passé : 66 h

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Déblocage de la BV et remise en ordre de la tringlerie.

Réglage très important du vérouillage des vitesses. Attention la manipulation du levier de vitesses doit être réalisée uniquement en appuyant sur la pédale d'embrayage (même moteur arrété). C'est une particularité Citroën. La pédale d'embrayage libère les fourchettes de la BV. Jeu à obtenir entre 0 et 1 mm.

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Essais moteur :

Au remplissage du cricuit de refroidissement, une fuite importante apparait sur le plan joint de culasse. Après dépose de la culasse, un mauvais montage du joint est découvert.

Un autre modèle est mis en place et supprime le pb de fuite. Serrage au couple (5m.kg) et réglage du jeu aux soupapes.

Après vérification de la montée d'huile aux culbuteurs, le premier démarrage est effectué. Le moteur ronronne doucement sans aucun bruit suspect. Plus d'émission de fumée après qq instants de mise en route (le temps que chaque cylindre évacue l'huile de montage). Le premier temps de fonctionnement ne dépasse pas qq minutes afin d'éviter qu'un éventuel léger point de friction sur un coussinet ne fasse monter en température son palier. C'est la rotation progressive qui va terminer le travail de polissage. C'est pour cette raison (notamment) que les montées en régimes et les sollicitations importantes sont à proscrire.

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Le carburateur présente une déformation du pied, un jeu excessif à l'axe de papillon, un butée brisée du starter. Un remplacement s'impose.

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Montage du filtre à air, après taraudage du collecteur d'adm.

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Monte d'un alternateur en 12V, à la demande du client.

Mise en place du logement de batterie

Réalisation d'une biellette pour la mise en place du contacteur de Stop.

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Remontage et pose des goupilles de sécurité des rotules.

Dépose des moyeux AR à cause d'un échauffement anormal après un court essai sur route. La graisse des roulements neufs ne suffit pas à la tenue des moyeux dans le temps. Il est indispensable de remplir l'espace autour de la fusée avec de la graisse , tout en conservant environ 30% de vide. Ceci évite que le moyeux suinte trop avec les écarts de température.

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Réglage de l'assiette du véhicule.

On peut regretter que la restauration ne soit pas allée jusqu'au démontage total des trains, pendant la phase de décapage. Cependant les becs de tarage des barres de torsion sont aisément réglables et permettent de remonter le côté affaissé du véhicule. Malgré le déséquilibre important côté passager, le rattrapage de 5 mm suffit à retrouver l'horizontalité sans qu'aucun réglage ne soit en fond de butée. La Traction offre des fonctionnements mécaniqes toujours aussi surprenants d'efficacité.

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Il va falloir remettre de l'ordre dans les canalisations cuivre. En l'état, elles pourraient être endommagées ou sectionnées par la projection d'une pierre.

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Reprise de la très belle ligne en inox. Etant donné que les refabrications sont prévues pour des TAV 11 longue ou courte, il est nécessaire d'adapter les longueurs.

Une greffe sur la ligne principale viendra remédier à une coupe trop généreuse.

Le silencieux AR doit rester légèrement incliné pour permettre au trou d'évacuation des condensats de purger le pot.

Souvent les supports sont livrés avec des lames de caourtchouc faisant office d'amortisseur. Encore une fois la qualité des refabrications laisse à désirer. Les sangles dépourvues d'armature textile, n'ont tenu que 10 km ! Des "vraies" attaches sont montées à la place.

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Reprise du montage des flexibles de frein AR. Des modèles sans embout d'adaptation sont montés. Ainsi la longueur disponible est plus importante et évite un pincement des parties souples.

Remontage conforme des butées de fourreau du câble de frein à main.

L'utilisation d'un liquide de frein de type silicone demande une qualité de raccordement supérieure à celle nécessaire pour un lockheed. Du fait de l'apparition de suintement, de nombreux raccords "flare" sont refaits avec une matrice. Il est inutile de resserrer exagéremment un raccord fuyard. Au pire, l'écrou ou raccord peut se sectionner. En faisant un nouveau raccord, on retrouve la souplesse du cuivre qui va se matter au premier serrage et garantir une étanchéité parfaite.

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Reprise du pédalier et remplacement d'un des ressorts de rappel. Mesure de la hateur de pédale :18 cm sans moquette et sur pédalier std. La garde est alors réglée au niveau de la BV.

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Passage au liquide silicone et mise en place d'un bocal en verre permettant un contrôle rapide du niveau. Un insert metallique de sécurité est placé dans la tétine (pièce trop souvent oubliée par les profanes). L'insert placé de l'intérieur, empêche que l'épaulement de la tétine passe au travers du bocal et vide celui-ci en qq instant. Il faut garder en mémoire que les matériaux évolue avec le temps et à cause des conditions de fonctionnement (chaleur, humlidité, froid, frottement, vibration, etc.). C'est en tenant compte de ces facteurs qu'on peut réduire les risques de détérioration prématurés.

Même si le travail est bien rfait, il est important d'inspecter régulièrement le véhicule.

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Mise en place des parechocs et détermination de la longueur de l'échappement à raccourcir.

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Le tableau de bord est très dépouillé. Absence de voyant d'huile, de température d'eau.

Un manomètre pris sur la durite supérieure permet de surveiller le refroidissement.

Le montage d'un alternateur (souhait du client) oblige le raccordement d'un voyant de charge au travers de l'excitation de la génératrice. Bien qu'il y est un ampèremètre, en cas de rupture de la courroie (pompe à eau et alternateur), le voyant s'allumera et attirera l'attention du conducteur.

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Fin des travaux. Le véhicule passe sur un banc de contrôle de géométrie, puis au contrôle technique.

Essais sur route :

La voiture dispose, entre autre, d'un moteur reconditionné. Le rodage est donc obligatoire.

Après la mise en chauffe du moteur, un départ sur la route est effectué. Un extincteur et une caisse à outil accompagne le chauffeur. Le pied sur l'accélérateur doit être très léger. La première surprise vient du moteur qui est vif et léger. Aucune impression de mécanique retenue. L'attention est encore plus importante pour ne pas trop soliciter le moteur.

60 km/h maxi en 3ème pour le premier parcours. Vigilance en montées ou sur faux plat, la 2nde est imposée même si le moteur semble tenir parfaitement la 3. Retour à l'atelier après 5 km. On laisse reposer la mécanique pendant qu'une inspection a lieu.

Nouveaux essais :

Les vitesses passent très bien. L'embrayage fonctionne correctement. On peut juste reprocher un léger manque de progressivité , dû peut être au disque neuf. La tenue de route est convenable mais demandera une géométrie précise. Au bout de 50 km, une vidange est réalisée. Rien d'anormale retrouvé au fond du bac. Les essais se poursuivent.

Essai final :

Au bout de 100 km, le moteur est très doux. La vitesse maxi de sécurité est montée à 80 km/h. Il faut de la bonne volonté pour ne pas franchir cette limite. La Traction roule silencieusement, avec un régime moteur bas. Les reprises sont agréablement surprenantes. Aucun trou à l'accélération, démarrage à froid comme à chaud au 1/4 de tr. Le rayon de braquage reste un point faible de la TAV, mais les travaux importants de restauration confère une direction légère à manipuler. Freinage satisfaisant, suspension confortable, BV douce et suffisamment précise. La température affichée à 80km/h est de 80/85 °. C'est une réussite !

Techni-Tacot souhaite beaucoup de satisfaction à son propriétaire qui a consacré un budget important pour la restauration de sa Traction Avant.

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