Renault « camionnette marchande » – YPE d’avant guerre

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La restauration d’un utilitaire Renault Type YPE, carrosserie pick-up et datant de 1927.

Cahier des charges :

Restauration globale du véhicule, dont reconstruction de l’ossature en bois et la tôlerie générale du véhicule.

Etat des lieux :

Comment dire sinon que le véhicule est bien dans son jus ?

Il est arrêté depuis au moins 40 ans, stocké dans un hangar.  Le moteur n’est pas bloqué mais il n’est pas raisonnable d’essayer de le démarrer. Il faut absolument éviter de détruire la mécanique et d’aggraver son état. Un reconditionnement complet est nécessaire. Cette Renault à pour date de 1ère mise en circulation sur sa carte grise 08/05/1927 est un rare modèle en version « camionnette marchande ». La carrosserie est fortement corrodée et la structure bois entièrement à reconstruire.

Séparation carrosserie / châssis :

Armé d’un chalumeau, de dégrippant et de beaucoup de patience, les boulons cèdent les uns après les autres. Les éléments sont déposés, le moteur extrait, puis le train avant, suivi du train arrière.

La caisse très fragile est renforcé par des sangles pour éviter qu’elle ne se plus en deux.

Après avoir sorti le châssis, nous placerons rapidement l’ensemble sur un chariot pour soulager le peu qui reste de la structure.

Travaux sur le châssis  :

Le châssis est globalement en bon état, c’est à dire sans corrosion perforante, pas de stigmates d’accident. Cependant la corrosion superficielle et une manutention avec un chariot élévateur a endommagé les piètements latéraux supportant les marche-piesds.  Nous chauffons et remettons en forme ces pièces. Pour une question d’aspect esthétique, un apprêt garnissant assorti à des heures de ponçage donne un fini élégant et solide pour une pièce qui n’aura jamais été autant bichonnée.

Pont arrière   :

Quand je vous disais que c’était rouillé …  Ici aussi chalumeau et patience permettent de venir à bout des démontages.

Une lames du paquet transversal est brisée. Pas de crainte, nous allons trouver cela chez le garage Renault du bout de la rue, ou au pire chez Oscaro !

Après vidange du pont et dépose du couvercle, on peut constater que le différentiel est en bon état au niveau de la denture et qu’aucune trace de rouille n’est visible. D’ailleurs la vidange contenait exclusivement de l’huile. C’est bon signe.

Pour la dépose des 1/2 arbres, un extracteur à inertie est nécessaire après avoir dévissé la bague crantée. L’ordre des rondelles et notée en vue du prochain remontage.

Train avant   :

Démontage complet et cela va nous occuper un bon bout de temps. Très rapidement, on va s’apercevoir que le véhicule a servi et plus que servi. Il a dû être amorti tant certaine pièce sont usées sérieusement.

Ensuite, nous décapons toutes ces pièces. C’est à ce stade que souvent les bonnes âmes restauratrices oublie que le coup de peinture qui s’en suit ne va en rien sauver , supprimer l’usure et les jeux conséquent. Certes il y a bien la graisse en sur abondance qui réduit les jeux, mais c’est éphémère soyons lucide. Alors nous mesurons contrôlons pour prendre les décisions mécaniques qui sauveront ces pièces. En règle générale,  il va s’agir d’usiner, aléser, fréter, baguer, recharger par soudure, surfacer etc.  Ces phases sont couteuses car conséquente, mais c’est ainsi que la vieille mécanique va retrouver un fonctionnemetn durable, fiable et confortable comme à l’origine, si ce n’est mieux.

Train avant   :

Un échantillonnage des pièces décapées qui constituent ce train avant. On pourra voir sur les dernières photos, l’usure conséquente qui a rendu certains axes presque carré, certains alésages ovalisés avec rupture de leur palier en bronze  … Du bel ouvrage en prévision.

Radiateur   :

Voici une pièce qui fait partie des délaissés. Il rejoint le groupe des grands oubliés. On y trouve, le réservoir d’essence générateur de panne à répétition mais intermittente, le moteur d’essuie glace qui a 2 de tension quand on l’active à la « fraîche », la dynamo qui relève de la grande sorcellerie, les articulations des trains avant ou arrière, sans oublier la jauge de carburant qui n’indique plus le plein depuis longtemps et surtout pas l’approche de la panne, j’en passe et des meilleures.

Certes le radiateur a souvent droit au traitement mirifique voire alchimique du grand druide qui sait mieux que tous les autres qu’il lui faut le désembouant – déboucheur miracle de la marque Perlinpinpin. Et ta soeur, elle bat le beurre ? Quand un radiateur a été colmaté par les ajouts d’eau calcaire depuis des lustres, il n’y a qu’un seul remède : dessouder les boites supérieure et inférieure, puis tringler le faisceau dans le meilleur des cas s’il tient encore la route, ou mieux le remplacer. Il ne faut pas se leurrer, quand c’est mort, c’est mort ! Donc celui-ci est passé au chalumeau pour le désosser, pour débosseler les boites à eau qui avait dû déjà rencontrer le grand gourou du produit magique et le radiateur a eu droit a un faisceau neuf. Quand au vieux faisceau, il trône fièrement sur le bac des cuivres à recycler.  Ainsi avec un moteur reconditionné aux petits oignons, nous aurons, non pas un bon pot au feu, mais un système de refroidissement qui ne se prendra pas pour la machine à vapeur de Denis Papin.

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