Renault « camionnette marchande » – YPE d’avant guerre

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La restauration d’un utilitaire Renault Type YPE, carrosserie pick-up et datant de 1935.

Cahier des charges :

Restauration complète du véhicule, dont reconstruction de l’ossature en bois et de la tôlerie du véhicule. C’est lors du désassemblage de la la structure que les empreintes des éléments de toit viendront confirmer la version fourgon d’origine et non pas pick-up.

Etat des lieux :

Comment dire sinon que le véhicule est bien dans son jus ?

Il est arrêté depuis au moins 40 ans, stocké dans un hangar.  Le moteur n’est pas bloqué mais il n’est pas raisonnable d’essayer de le démarrer. Il faut absolument éviter de détruire la mécanique et d’aggraver son état. Un reconditionnement complet est nécessaire. Cette Renault a pour date de 1ère mise en circulation sur sa carte grise 08/05/1927 est un rare modèle en version « camionnette marchande ». La carrosserie est fortement corrodée et la structure bois entièrement à reconstruire. Cependant, d’après les inscriptions du pont et des documents technique, le véhicule date au plus de 1935 . On peut penser qu’une erreur de frappe a été faite sur la carte grise.

Séparation carrosserie / châssis :

Armé d’un chalumeau, de dégrippant et de beaucoup de patience, les boulons cèdent les uns après les autres. Les éléments sont déposés, le moteur extrait, puis le train avant, suivi du train arrière.

La caisse très fragile est renforcée par des sangles pour éviter qu’elle ne se plie en deux.

Après avoir sorti le châssis, nous placerons rapidement l’ensemble sur un chariot pour soulager le peu qui reste de la structure.

Travaux sur le châssis :

Le châssis est globalement en bon état, c’est à dire sans corrosion perforante, pas de stigmates d’accident. Cependant la corrosion superficielle et une manutention avec un chariot élévateur a endommagé les piètements latéraux supportant les marche-pieds.  Nous chauffons et remettons en forme ces pièces. Pour une question d’aspect esthétique, un apprêt garnissant assorti à des heures de ponçage donne un fini élégant et solide pour une pièce qui n’aura jamais été autant bichonnée.

Pont arrière   :

Quand je vous disais que c’était rouillé …  Ici aussi chalumeau et patience permettent de venir à bout des démontages.

Une lame du paquet transversal est brisée. Pas de crainte, nous allons trouver cela chez le garage Renault du bout de la rue, ou au pire chez Oscaro !

Après vidange du pont et dépose du couvercle, on peut constater que le différentiel est en bon état au niveau de la denture et qu’aucune trace de rouille n’est visible. D’ailleurs la vidange contenait exclusivement de l’huile. C’est bon signe.

Pour la dépose des 1/2 arbres, un extracteur à inertie est nécessaire après avoir dévissé la bague crantée. L’ordre des rondelles et notée en vue du prochain remontage.

Pont arrière / freinage   :

La restauration des parties internes demande la remise en état des mâchoires et garnitures pour la partie freinage « pur ».  L’essentiel du travail consiste à reprendre les pièces en mouvement comme les paliers, renvois, leviers et supprimer tous les jeux dus à l’usure.  Usinage, rectification, pose de frettes et de bagues en bronze représentent la partie difficile mais intéressante de cette phase.

Train avant :

Démontage complet et cela va nous occuper un bon bout de temps. Très rapidement, on va s’apercevoir que le véhicule a servi et plus que servi. Il a dû être amorti tant certaines pièces sont usées sérieusement.

Ensuite, nous décapons toutes ces pièces. C’est à ce stade que souvent les bonnes âmes restauratrices oublient que le coup de peinture qui s’en suit ne va en rien sauver, supprimer l’usure et les jeux conséquents. Certes il y a bien la graisse en sur abondance qui réduit les jeux, mais c’est éphémère. soyons lucide. Alors nous mesurons contrôlons pour prendre les décisions mécaniques qui sauveront ces pièces. En règle générale, il va s’agir d’usiner, aléser, fréter, baguer, recharger par soudure, surfacer etc.  Ces phases sont couteuses car conséquentes, mais c’est ainsi que la vieille mécanique va retrouver un fonctionnement durable, fiable et confortable comme à l’origine, si ce n’est mieux.

Train avant :

Un échantillonnage des pièces décapées qui constituent ce train avant. On pourra voir sur les dernières photos, l’usure conséquente qui a rendu certains axes presque carrés, certains alésages ovales avec rupture de leur palier en bronze … Du bel ouvrage en prévision.

Remontage châssis   :

Maintenant que toutes les pièces ont été restaurées, nous pouvons passer à la phase excitante du remontage.

 

 

Préparation à la reconstruction de la caisse :

Inutile de se le cacher, la structure de bois, ne servira que de gabarit et les tôles en grande partie de patron pour tout reconstruire.

Les références ne peuvent être prises que sur le châssis, ce qui assurera un positionnement parfait. Aussi, nous remettons du mieux que nous pouvons, la structure sur le châssis en vue d’aller chez notre ébéniste automobile. Nous apprécions l’aide précises des sangles pour arriver le tout avec un minimum de décence pour cette très vieille automobile

Radiateur   :

Voici une pièce qui fait partie des délaissées. Il rejoint le groupe des grands oubliés. On y trouve, le réservoir d’essence générateur de panne à répétition mais intermittente, le moteur d’essuie glace qui a 2 de tension quand on l’active à la « fraîche », la dynamo qui relève de la grande sorcellerie, les articulations des trains avant ou arrière, sans oublier la jauge de carburant qui n’indique plus le plein depuis longtemps et surtout pas l’approche de la panne, j’en passe et des meilleures.

Certes, le radiateur a souvent droit au traitement mirifique (pour ne pas dire alchimique) du grand druide qui sait mieux que tous les autres quel élixir-déboucheur miracle de la marque Perlinpinpin conviendra le mieux.

Et ta soeur ?  Elle bat le beurre ?

Quand un radiateur a été colmaté par les ajouts d’eau calcaire depuis des lustres, il n’y a qu’un seul remède : dessouder les boites supérieures et inférieures, puis, au moins couteux, tringler le faisceau s’il tient encore la route, au plus fiable le remplacer. Il ne faut pas se leurrer, quand c’est mort, c’est mort !

Donc ce radiateur est passé au chalumeau pour le désosser, pour débosseler les boites à eau qui avait dû déjà rencontrer le grand gourou du produit magique et le radiateur a eu droit à un faisceau neuf. Quand au vieux faisceau, il trône fièrement sur le bac des cuivres à recycler.  Ainsi avec un moteur reconditionné aux petits oignons, nous aurons, non pas un bon pot au feu, mais un système de refroidissement qui ne se prendra pas pour la machine à vapeur de Denis Papin.

Désassemblage du moteur :

C’est un 4 cylindre type 431 à soupapes latérales, à refroidissement liquide avec bloc non chemisé. La puissance annoncée est de l’ordre de 34 cv pour 1400 cm3 de cylindrée. Il équipe les Mona4 et Celta4.

Le déshabillage, malgré la très longue période d’immobilisation est assez simple car la culasse se dépose en moins de 30 minutes.  C’est rare sur un moteur de cette génération, à cause du blocage des goujons dans les puits de culasse.

 

Désassemblage du moteur :

Globalement le moteur n’est pas dans un piteux état. L’encrassement est normal pour son âge, le bloc cylindre n’est pas trop colmaté.  Il semblerait qu’il ait reçu une réfection peu de temps avant le remisage du véhicule. Les régules sont tout de même bien marqués. Le vilebrequin est marqué lui aussi mais pas de façon catastrophique. Les fûts des cylindres ont un talon d’usure mais pas excessif. Il semblerait que ce moteur ait reçu un entretien régulier, ce qui l’a préservé dans son ensemble.

Cependant, il n’aurait pas été raisonnable de le laisser en l’état.

Désassemblage du moteur :

Les constations initiales d’usure sont sont confirmées.

Reconstruction boiserie :

Le travail du bois est pour ce véhicule une nouvelle étape de reconstruction.

A partir de ce qu’il reste de la partie carrosserie, en s’appuyant sur les ancrages du châssis et surtout grâce à des documents d’époque, la structure renaît.

L’élément clé est la face avant -tablier. Après sablage et traitement l’importante pièce de tôle trône de nouveau fièrement sur le châssis.

Les ouvrants sont décapés à leur tour. Leur positionnement définit l’encadrement et donc les renforts latéraux (pieds de porte) et celui supérieur du toit.

La suite se comprend rien qu’en regardant les principales étapes.

Pour la beauté de ce métier d’ébénisterie, je ne peux résister à publier ces photos.

Reconstruction boiserie :

La structure en bois de frêne entièrement reconstruite, avec une petite surprise, un toit faisait bien partie de la construction initiale.

C’est pour redonner son apparence d’origine et donc son intérêt, que le choix de reconstruire cette partie abandonnée au cours de la vie du véhicule a été pris.

Reconstruction Tôlerie :

Nous continuons avec les étapes de restaurations conséquentes.  Il va s’agir à ce stade de reconstruire les éléments de carrosserie mal en point. Notre ambition est de conserver le plus possible de tôles d’origine. Dans le cas de ce véhicule très endommagé, les éléments seront débarrassés des zones corrodées pour ne garder que le métal noble.

A suivre …

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